A Ship to Namuh

Pendant plusieurs nuits, une constellation mythique vit le jour. Des protagonistes sont nés : Les Prêtres Vont-nus-pieds de la Mort, les Chigneux, la Ramasseuse d’Époques, les Bien-Antis de l’Empire du Sens, le Capitaine Artaud, les Mages de Nombre Trois, Hitler Bleu ; et un dialogue fut établi entre eux. Cette poésie étrangement liée au destin partagé d’un groupe, qui lui donne vie en lui offrant la mort, creuse du même souffle les énigmes posées par notre vie sociale contemporaine : énigmes de la subjectivité, de l’identité, de l’altérité et donc de la tension existante dans l’homme entre « les sens » et « le sens ». Leurs échanges n’obéirent qu’à une vieille règle perdue. « La règle absolue, celle de l’échange symbolique, est de rendre ce qui vous a été donné. Jamais moins, toujours plus. La règle absolue de la pensée, c’est de rendre le monde tel qu’il nous a été donné – inintelligible – et si possible un peu plus inintelligible. Un peu plus énigmatique. » (Baudrillard) Le corps, la matière, se révélèrent à eux comme autant de lieux sacrés, là où l’empire du sens échoue sans cesse à pénétrer. Ces lieux devinrent les fronts de la « résiste-sens ». La cruauté de l’homme envers son sujet fut mise à l’œuvre, des instruments et des techniques de tortures servant à purger le corps de ces cancers sociaux furent offerts afin de faire naître de son sang la fleur magnifique de l’imaginaire. Ship to Namuh est la mise en scène de ce purgatoire de l’être.

Juin, 2005 : Studio-théâtre Alfred-Laliberté, Montréal.

Mise en scène / Direction : Mélanie Verville

Assistance à la mise en scène / Direction assistance : Alexander Wilson

Conception sonore / Sound design : Alexander Wilson

Éclairage / Lightning : Éric Labonté

Scénographie / Scenography : Jonathan Nadeau

Avec / with : Maude Poirier Felx, Kathleen Wilson, Alexander Wilson, Yannick Ross, Évie Mandeville, André Malenfant, Amélie Dumoulin, Manuel Bisson, Axel Mangelsdorf, Julie Desrosiers & Félix Beauchemin.