Parabolik Guerilla [A Ship to Namuh] |
||
A Ship to Namuh A Ship to Namuh est une œuvre poétique de théâtre gestuel et musical qui raconte symboliquement l'expérience intérieure qu'un être humain fait du monde, et cela à travers les différents cycles de morts et de renaissances qu'il traverse et les personnages mythiques qu'il rencontre. C'est une œuvre totale où chaque élément – corps, sons, lumière, costumes, objets - est vivant et parlant. |
||
Objectifs Les objectifs de cette création, et en général du travail de la troupe Guérilla Parabolique, sont très précis. Ils constituent une réponse, un affront et même une guerre (au plan symbolique! De là le nom de la troupe) contre les systèmes de valeurs de la société moderne : la rationalité qui, dans ses excès, annihile toute poésie et atrophie l'expérience sensible par saturation de signes et de sens; l'égocentrisme de l'homme et sa perte de l'expérience de l'altérité (la sienne comme celle de la nature, de l'inconnu, de l'autre humain); la logique du capitalisme; la conservation de soi. En réponse à cela, nous voulons renouer avec l'esprit mythique et l'imaginaire collectif, retrouver le sens de la poiésis, du symbolique, s'adresser autant à la sensibilité du spectateur qu'à son intelligence (l'un éveillant l'autre), prendre conscience du corps, de son potentiel d'expression et de son implication dans l'expérience que nous faisons du monde, déconstruire la subjectivité, sortir de soi, se dépenser, se mettre en péril et finalement, sensibiliser notre écoute du monde, réentendre la musique qui émane de la cacophonie post-moderne. Ces objectifs ont nécessairement un caractère politique, mais nous sommes conscients que la société est de l'ordre de l'imaginaire, et que notre possibilité d'agir se trouve donc dans la production de cet imaginaire : la poésie, le mythe. Processus Échange symbolique, création mythique, stimulant de l'imaginaire Notre processus de création répond à nos objectifs. La Guérilla Parabolique travaille dans l'esprit de la création mythique en tissant des liens entre les imaginaires de chacun des membres. Dans le but d'initier un dialogue en images entre nous et avec le monde, nous créons des personnages fabuleux, des situations, des symboles qui objectivent des petits et grands bouleversements dans l'expérience de l'homme moderne. À chaque création, nous remettons en jeu des éléments, des personnages en les réactualisant sous d'autres formes, en les faisant apparaître sous de nouvelles constellations. Nous développons, à travers nos échanges, une sémantique collective, qui nous permet alors de produire une poésie singulière. L'imaginaire du groupe contient des signes marquants de l'histoire, des traces d'anciens mythes, qui sont parfois déchargés du sens dont l'Histoire les a imprégné ou vu sous un autre angle et mêlés à des éléments plus actuels. En les insérant dans des configurations insolites, nous provoquons de nouvelles charges symboliques et explorons leurs différentes potentialités d'évocation. Ainsi les images transmises célèbrent les contradictions, laissant le spectateur perplexe sur ce qui est vérité ou mensonge, bien ou mal, ébranlant son système rationnel de pensée. Ne communicant ni message clair et univoque ni morale à comprendre, nous espérons stimuler l'imagination du spectateur et toucher sa sensibilité poétique. Tout, sur scène - costumes, objets, lumière, sons, corps – concorde à créer un monde symbolique et magique, riche de potentialités, qui éveille les sens. L'imaginaire du corps Nous attachons une importance particulière au travail corporel, nous inspirant de la danse butoh, du théâtre de Tadeusz Kantor, Jerzy Grotowski, et Valère Novarina. Notre processus prend en compte l'imaginaire des participants tout en les poussant à aller au-delà d'eux-mêmes, à franchir des limites, à faire sortir d'eux leur divinité masquée, leur altérité secrète, leur monstre sacré. La difficulté d'un tel travail pour l'acteur est de parvenir à briser ses automatismes du corps et de la pensée, à déconstruire sa subjectivité tout en s'ancrant profondément dans son corps. La discipline du butoh, en plaçant les acteurs dans des états d'épuisement et en leur faisant prendre conscience de la moindre parcelle de leur corps, aide évidemment à répondre à cet objectif. En plus d'explorer l'imaginaire du corps, sa poésie et sa capacité à générer des symboles, le travail corporel concerne aussi les interactions entre acteur-objet, acteur-espace, acteur-son et à une exploration de la réversibilité des signes, c'est-à-dire les moments où la sémiologie qui régit les limites de l'acteur, l'objet, l'espace, les images et les sons, se déconstruit, permettant aux choses de glisser dans leur contraire, provoquant le mouvement des personnages et leur imposant des gestes et des postures. Les acteurs expérimentent des états à la fois actifs et passifs. Ils ne font pas qu'agir dans l'espace mais sont aussi agit par la constellation qui les entoure (espace, objets, musique, sons, autres corps), ce qui exige une concentration et une écoute accrue de ce qu'il y a à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de soi. La musicalité ou « entendre ce qui est tu »
|